Le régime flexitarien attire de plus en plus de passionnés de viande désireux de diminuer leur consommation sans pour autant renoncer à cette dernière. Entre scandales alimentaires, préoccupations éthiques et environnementales, les motivations pour adopter le flexitarisme sont nombreuses. Mais doit-on vraiment s'y mettre ?
Une nouvelle approche de l'alimentation
Autrefois, il y avait les végétariens et les autres. Aujourd'hui, les flexitariens émergent : ces consommateurs amoureux de la viande choisissent d'en réduire la fréquence. Ce « végétarisme à temps partiel » toucherait actuellement près de 30 à 40 % des Américains, alors que seulement 3 % d'entre eux se déclarent végétariens stricts. « Ce mouvement concilie les attentes de naturalité et de fonctionnalité, avec un retour en force des aliments d'origine végétale », explique Xavier Terlet, président de XTC World Innovation. Les grands chefs intègrent davantage de légumes dans leurs plats, et ces derniers sont de plus en plus valorisés. Au lieu d'être un accompagnement, le légume devient l'héro des plats. Les flexitariens adoptent une approche modérée, visant à se faire plaisir tout en prenant soin de leur santé.
Des habitudes alimentaires à revoir
La viande, surtout rouge, était longtemps perçue comme essentielle à la nutrition. Pourtant, notre consommation a triplé depuis les années 30, entraînant des portions excessives et des abus, même parmi les jeunes enfants. Les Français consomment en moyenne 390 g de viande par semaine, avec 29 % de gros consommateurs dépassant les 490 g. Cependant, cette tendance semble s'inverser avec une baisse de 15 % entre 2003 et 2010.
La viande rouge est une excellente source de protéines, de fer et de minéraux, mais une consommation excessive, surtout de morceaux gras, peut nuire à la santé. Selon le Dr Catherine Serfaty-Lacrosnière, « réduire les quantités et diversifier les sources de protéines permet d'améliorer la qualité nutritionnelle ». Les flexitariens remplacent facilement la viande par des alternatives : poissons, œufs, produits laitiers ou légumineuses. En France, le risque de pénurie en protéines est inexistant.
Flexitarisme : un choix éthique et écologique
Le flexitarisme ne se limite pas à une simple tendance alimentaire ; il répond à des enjeux écologiques et éthiques. Des villes telles que Gand ont institué une « journée sans viande » pour sensibiliser à cette problématique. Limiter notre consommation de viande est vital pour la planète : l'élevage représente 18 % des gaz à effet de serre, consomme une grande partie des céréales mondiales et requiert des ressources hydriques considérables.
Les flexitariens ont aussi la possibilité de choisir des viandes de qualité, privilégiant les options bio ou élevées en plein air. En ajustant leurs portions à 100-150 g par jour, ils se permettent une consommation plus consciente et qualitative.
En bref, le flexitarisme est une approche accessible et enrichissante, permettant à chacun de redéfinir ses habitudes alimentaires pour allier plaisir gustatif et responsabilité environnementale.







