Remplir son plan de travail de fines herbes, de jeunes pousses et de mini-légumes est devenu le nouveau plaisir des citadins. Décryptage d’une obsession verte qui envahit les cuisines urbaines.
"Cet automne, je vais planter de l’origan et de la mélisse pour mes infusions", confie Chiara, responsable de communication à Paris. Pour Noël, elle a reçu un Lilo, un "mini-potager d'intérieur" composé de bacs flottants et de leds pour faciliter la croissance. En quelques semaines, elle a récolté basilic, menthe et romarin. Après avoir passé une commande pour des graines supplémentaires, elle déclare : "Ce n'est pas essentiel, mais c'est un vrai plaisir, un moment quotidien avec mes plantes". Selon Éric Birlouez, sociologue spécialisé en alimentation, "80% des Français vivent en milieu urbain, entraînant un besoin croissant de nature".
Des solutions pour tous les goûts
Les experts en jardinage et en technologie ont compris ce besoin et se sont orientés vers le marché du jardin d’intérieur, à l’image d’Ikea qui propose divers systèmes d'aquaponie, allant de simples bacs lumineux à des armoires potagères encastrables. Les prix varient d’environ 80 € pour un aquarium à près de 3500 € pour une armoire spécialisée. Ces innovations facilitent l’accès à des herbes fraîches et mini-légumes, rendant la culture accessible à tous.
Le plaisir de l'ultra-local
Le chef François Pasteau, qui a testé une armoire de culture en restaurant, y a découvert les avantages de choisir des ingrédients ultra-locaux : "Cela utilise de l'eau et de l'électricité, certes, mais bien moins que les livraisons en camion réfrigéré". L'enthousiasme pour des produits frais encourage les ventes de potagers d’intérieur. Emmanuelle Ferla, qui commercialise des armoires potagères, souligne que ces systèmes peuvent intéresser les collectivités, notamment en restauration scolaire. La tendance Do It Yourself (DIY) continue de croître, rendant gratifiant le fait de cultiver soi-même ses aliments.
Opter pour des semences responsables
Éric Birlouez ajoute que "85% des aliments sont transformés industriellement", suscitant des inquiétudes sur notre alimentation. Cultiver, c'est reprendre le contrôle sur ce que l'on consomme. Face aux scandales sanitaires, l’engouement pour le jardinage devrait perdurer. Beaucoup préfèrent un mode de culture autonome, à l’image des tendances passées comme les machines à pain. François Pasteau conclut : "Dès qu’on cultive, il est essentiel de choisir des semences bio et paysannes pour garantir la qualité".







