Une initiation aux petits bijoux éphémères des maîtres pâtissiers japonais
Vous êtes invitée à un dîner élégant et vous vous demandez quoi apporter pour éblouir vos hôtes ? Optez pour les wagashi et les yogashi. Ces délices nippons se savourent d'abord avec les yeux, bien avant d'être dégustés.
Le wagashi : une tradition délicieuse
"Les wagashi sont un investissement, mais similaires en prix aux macarons Pierre Hermé, avec une touche beaucoup plus originale !" affirme Claudine, fervente admiratrice de ces pâtisseries traditionnelles japonaises. Adepte de ce raffinement dessert, elle a été initiée par une amie cantatrice lors d'un dîner parisien. Pour Emmanuel, le souvenir d'un wagashi offert par sa grand-mère à 10 ans évoque le goût du thé vert. Maintenant trentenaire, il se rend chaque semaine chez Minamoto Kitchoan, un salon japonais où il apprécie un saisaika – gelée de nèfle – accompagné de son thé vert, loin du tumulte parisien. Bien qu'il ait une passion pour la culture nipponne, Emmanuel peine à décerner les subtilités des wagashi pour les Japonais.
Une expérience sensorielle unique
Minamoto Kitchoan accueille principalement une clientèle occidentale, représentant 70% de ses visiteurs, selon sa responsable, Marina Sasaki. Dans ce salon de la Madeleine, l'ambiance offre un dépaysement total : des tables en bois laqué, des paravents en papier, et les serveurs qui offrent les wagashi avec le thé adapté. "Le wagashi ne se compare pas aux pâtisseries françaises, il se savoure seul, souvent associé à la cérémonie du thé ou offert pour des remerciements," explique Marina. Les étiquettes présentées dans la vitrine guident sur leur dégustation. Les wagashi sont réalisés à base de pâte de haricot rouge, de sésame ou d'agar-agar, une gelée d'algue légère. Pour les puristes, Toraya, maison renommée depuis des siècles, offre des créations artisanales, souvent vous y trouverez des recettes renouvelées chaque mois, illustrant les saisons à travers formes et couleurs.
Le yogashi : une modernité savoureuse
Les dernières tendances ajoutent une touche occidentale aux ingrédients traditionnels japonais. Pâte de haricot enrobée de chocolat, gelée yokan à la figue : autant de créations qui séduisent à la fois les Français et les Japonais de passage. Les jeunes Japonais, attirés par nos choux à la crème, optent aussi pour les yogashi. Sadaharu Aoki, qui a perfectionné l'art de la pâtisserie française en France après des débuts au Japon, met en avant ses créations : éclairs au matcha ou tartes fines au yuzu. Ses gâteaux respectent les saisons tout en affûtant un esthétisme qui n’a rien à envier aux classiques français. De nombreux créateurs lui commandent des pièces uniques pour leurs événements. Un stand des créations d'Aoki est désormais présent au Lafayette Gourmet, offrant un avant-goût des merveilles de la pâtisserie asiatique.
Toraya, 10, rue Saint-Florentin, 75001 Paris.
Tél : 01 42 60 13 00.
Minamoto Kitchoan, 17, place de la Madeleine, 75008 Paris. Tél : 01 40 06 91 28.
Sadaharu Aoki, 35, rue de Vaugirard, 75006 Paris. Tél : 01 45 44 48 90.
Atelier de wagashi
Pour explorer l'art des douceurs japonaises tout en vous initiant à leur réalisation, Sakura Franck propose des cours pratiques. Apprenez à créer vos propres "poèmes gourmands" en respectant les traditions et en ajoutant votre touche personnelle.
90 € par personne pour un cours de trois heures, sur réservation.
Renseignements : www.suhouparis.com







