Remplacer le sucre par des édulcorants n'est peut-être pas la solution envisagée pour réguler les envies d'aliments sucrés. Une étude récente publiée dans la revue Nature Neuroscience souligne que ces substituts ne parviennent pas à tempérer les désirs de sucre, ni à diminuer les risques d'obésité ou de diabète, des résultats constatés chez des souris.
Des mécanismes complexes de régulation
Une équipe de chercheurs de l'université de Lausanne a identifié un groupe de neurones spécifiquement impliqué dans le désir alimentaire et l’absorption de sucre. Le cerveau humain utilise le glucose comme principale source d'énergie, développant des systèmes sophistiqués pour détecter ce sucre. Ces mécanismes régulent à la fois la glycémie et le comportement alimentaire, favorisant ainsi la recherche et l’ingestion d’aliments riches en glucose.
« Ces mécanismes peuvent être dérégulés, entraînant obésité et diabète, en incitant à une consommation excessive d'aliments sucrés », précisent les auteurs. Les scientifiques ont observé qu'une diminution du glucose sanguin active ces neurones, qui à leur tour, encouragent la recherche de sucres caloriques.
Les édulcorants, une solution illusoire
Il est intéressant de noter que l'étude a révélé que l'activation des neurones par un manque de glucose n'est pas influencée par les édulcorants ou le fructose. Ainsi, même après leur ingestion, le besoin d'une consommation excessive de sucre persiste. Le professeur Bernard Thorens, directeur de l'étude, précise : « Ces résultats mettent en lumière la complexité des mécanismes régissant la quête et la consommation de sucre, et pointent le fait que les édulcorants, pris en masse dans les aliments industriels, ne parviennent pas à contenir le désir d'aliments sucrés. De plus, l'utilisation d'aliments édulcorés n'a pas réussi à freiner l'épidémie d'obésité dans les pays industrialisés ».







