La Grille, thermostat 10 !
La Grille se dévoile comme une enclave singulière parmi le tumulte de la capitale. Juchée sur une étagère de la ville, il n’est pas aisé d'y accéder, pris en étau par des centaines d'autres établissements qui brillent sous le feu des projecteurs. La plupart d'entre eux sont soutenus par des attachés de presse qui leur ouvrent les portes d’une clientèle convoitée. Mais qui s’aventurerait dans cette auberge perdue au fin fond des faubourgs parisiens ?
Dès le seuil franchi, l'absence de vieilleries criardes est frappante. On découvre un restaurant ancien, si vaste qu'il semble accabler son gérant. Les tables sont spacieuses, les serviettes douces, et l'ambiance, paisible. Ce soir, seize convives partagent l’espace, mais une table se distingue : celle d’un homme seul, qui semble se fondre dans ses réflexions, un verre de menetou-salon à portée de main, tandis qu’il s’offre une terrine.
Dans la salle, un groupe d'Américains, captivés, profitent de l'instant, s'interrogeant sur le bonheur gustatif qui se déploie sur leurs assiettes. Un homme, bien en chair, rappelle un acteur de cinéma, trônant devant son plat de pâtes. Ce soir, il n’aura pas à se soucier de ce formidable turbot au beurre blanc ; une création à embrasser, brute et savoureuse, qui rime avec simplicité.
Il devient évident que ces types de restaurants, chargés d’histoire et d’émotion, pourraient retrouver leur place dans le cœur des gastronomes. On y perçoit de la vie, du caractère, des rires, et des personnes au style vestimentaire chaleureux. Au cœur de ce lieu, Geneviève, la patronne, se permet de broder des histoires sur son établissement, véritable pièce maîtresse de ce tableau gourmand. Malgré l’épreuve du temps, elle gère son petit monde avec brio, jonglant entre les exigences de sa clientèle et la convivialité de l’accueil.
Geneviève, avec humour, déclare : "Voilà quarante ans que je suis derrière les barreaux !" Pourtant, cette prison semble être sa bulle de bonheur. Elle déambule de table en table, garantissant que chaque bouteille de vin est à la bonne température, s'assurant que le pain ne manque jamais. Quand vient le moment du dessert, elle déclare : "Je m'en charge."
En un clin d'œil, elle appose un dessert léger, un mariage de macarons, framboises et crème fouettée, une symphonie de saveurs pour accompagner le plat principal. Geneviève, satisfaite, fait écho : "Vous voyez que c'est délicieux, conçu pour ceux qui choisissent le turbot, un choix idéal : léger et raffiné." On acquiesce, le regard errant sur les murs ornés d’objets hétéroclites, souvenirs et accolades du passé. Le restaurant La Grille se niche au 80, rue du Faubourg-Poissonnière, 75010 Paris (01 47 70 89 73). Observé de près, il est ouvert uniquement du lundi au vendredi, à un prix de 64 euros pour un turbot sauvage à partager. Plus d'infos sur francoissimon.typepad.fr.







