Si certains cafés sont ouverts aux télétravailleurs, une certaine étiquette doit être respectée.
La tendance est de plus en plus forte. Dans l'ambiance cosy d'un café avec une décoration scandinave, télétravailleurs, freelances et étudiants se mêlent aux habitués. Grâce à une atmosphère agréable, à la wifi et à des prises électriques, ces établissements deviennent des alternatives confortables au travail solitaire à domicile. Toutefois, cette situation peut parfois générer des inconvénients pour les restaurateurs lorsque la patience des serveurs est mise à l'épreuve. Combien de temps peut-on véritablement travailler dans un café sans déranger ? Faisons le point.
La consommation, un facteur clé
Au sein de l'établissement Le Grand Breguet, situé dans le XIe arrondissement de Paris, le télétravail est largement accepté. Dans cette salle spacieuse, des clients viennent chaque jour pour travailler, certains pour une heure, d'autres pour toute la matinée. Paul, employé sur place, explique que tout fonctionne sous une condition : la consommation. « Nous restons flexibles, mais si un client ne commande qu'un café dans la journée, nous devons lui faire comprendre qu'il est temps de prendre un repas », précise-t-il.
La seconde règle à observer est de commander un plat pendant l'heure du déjeuner, afin de ne pas perdre une table au profit d'un client potentiel avec un ticket moyen plus élevé. C'est une logique parfois intégrée par les habitués comme Léa, une freelance qui fréquente les cafés. Elle choisit de travailler soit le matin, soit l'après-midi, évitant les heures de déjeuner. « J'aime prendre un café au lait, et de temps en temps, un thé ou un goûter. Mes visites coûtent en moyenne 5 euros, mais je comprends que cela puisse contrarier certains restaurateurs », déclare-t-elle.
Le défi pour les petits établissements
Néanmoins, certains cafés font face à des défis liés à leur popularité parmi les travailleurs nomades. Au café Fika, situé au sein de l'Institut suédois dans le Marais à Paris, l'utilisation d'ordinateurs est désormais interdite. Caroline Nobilé, cofondatrice, explique que « le silence créé par une salle remplie de clients qui travaillent était démoralisant. Notre lieu est fondé sur l'idée d'interaction sociale et non d'isolement ». Cette décision a été motivée par des soucis pratiques, car les tables étaient souvent occupées par une seule personne avec peu de consommations.
Cette nouvelle politique n'a pas été bien accueillie par certains clients, et des critiques sont apparues en ligne. Caroline précise : « Pour beaucoup, l'ordinateur est devenu une extension d'eux-mêmes. C'est compliqué de faire respecter cette règle dans un espace restreint ». Le message est clair : pour profiter d'un café tout en respectant les règles non écrites, il est essentiel de choisir un établissement adéquat et de consommer de manière appropriée.







